par meteo sur Sam Fév 09, 2008 4:20 pm
C'est incroyable. L'argumentaire de certains sites repris texto. Notamment à propos du CO2. Sur ce point il faut absolument qu'une réponse claire soit médiatisée, et que les personnes concernées (responsable du RTE, etc...) s'expriment. Sinon, on laisse se développer une bombe à retardement. La plupart des gens sont favorables à l'éolien mais sans être au courant de ce débat et des arguments des uns et des autres. Suite à de tels articles ils risquent de tomber vraiment de haut et d'avoir l'impression que l'éolien est une arnaque incroyable.
Je ne comprends pas non plus pourquoi on ne retrouve jamais mon argument principal sur les éoliennes et les émissions de CO2 dans le contexte de la France (pas même chez les pro-éoliens), est-il erroné? Les anti-éoliens avancent que la production éolienne se substituera au nucléaire uniquement (car ne produisant pas à la demande il ne peut assurer le pic de production journalier assuré en grande partie par le thermique mais ne peut servir de pour la production de base, rentrant en cela en concurrence avec le nucléaire dont la production varie trop lentement pour compenser les irrégularités de la consommation), voire même qu'à cause de l'irrégularité des éoliennes la production nucléaire devrait, par sécurité, être plus diminuée que ne produisent les éoliennes, auquel cas les éoliennes auraient contribué à augmenter la part de l'électricité produite à partir des centrales thermiques, contribuant indirectement à augmenter les émissions de CO2 dans le cas de la France.
Ma réponse est la suivant: la nuit les centrales nucléaires françaises produisent trop d'électricité, la France ne diminue pourtant pas la production nucléaire pour la rendre égale au minimum nocturne de la consommation, mais exporte ce qui est en trop. Pourquoi cela changerait-il maintenant qu'il y a l'éolien en plus? Pourquoi maintenant on changerait de stratégie en diminuant la production nucléaire afin de ne pas augmenter la production totale quand les éoliennes produisent? D'autant plus que les exportations électriques de la France ont diminué ces dernières années, nos voisins sont habitués à nous acheter plus d'électricité pendant la nuit. Donc je ne vois pas pourquoi la production éolienne en trop ne serait pas exportée, se substituant à des centrales thermiques à l'étranger. Et le jour, la production nucléaire ne peut assurer le pic de consommation, les variations de l'hydrolique ne suffisent pas non plus, si bien qu'on doit avoir recours aux centrales thermiques. A ce moment-là , on n'exporte plus, et nos éoliennes se substituent à nos centrales thermiques.
Dans tous les cas, les éoliennes se substituent à des centrales thermiques, tantôt en France tantôt à l'étranger.
Quant à la diminution de l'intérêt de l'éolien du au fait que les centrales thermiques doivent produire de manière plus irrégulières pour compenser les variations de la production des éoliennes, donc avec un rendement moins bon, je l'avais calculée. A partir des données allemandes (pays où le vent est le plus irrégulier) pour une production annuelle de 7% de l'électricité consommée, en tenant compte de cette correction (en retranchant de la production éolienne l'énergie correspondante au surplus de combustible utilisé pour compenser l'irrégularité de l'éolien), c'est comme si elles n'avaient produit plus que 6,45% de l'électricité consommée. C'est dommage, mais ce n'est pas la mort, 92% de la production des éoliennes restent bel est bien substitués au thermique. On est loin des éoliennes qui ne seraient que des loeurs et qui ne permettraient aucune économie de combustible ni diminution de CO2.
On peut citer encore d'autre choses, comme le fait que les centrales qui régulent l'irrégularité de l'éolien ne seront pas toujours polluantes. La biomasse est utilisée de plus en plus, des STEPs peuvent encore être construites, il y a de grands projets de centrales thermiques solaires dans le Sahara, qui produiraient à la demande et alimenteraient aussi l'Europe, compensant sans problème l'irrégularité de la différence consommation-production des différents pays européens. Ou encore le foisonnement probablement très intéressant à l'échelle ouest-européenne.
Mais tout ça on l'entend peu souvent, notamment mon argument principal sur l'exportation de l'électricité en trop la nuit, ça me semble tout-à -fait pertinent, si cela était confirmé par le responsable du RTE, cela réfuterait une fois pour toute l'argument selon lequel les éoliennes n'auraient aucun effet sur les émissions de CO2, voire les augmenteraient. Dans un rapport du RTE je me souviens avoir lu que l'éolien, malgré son intermittence, diminuait la capacité thermique dont on avait besoin. Il n'y a hélas pas plus d'explications dans le document. Ca semble non seulement me donner raison, mais cela signifie qu'en plus, le parc produit même dans les conditions les plus défavorables une puissance minimale dont on peut être à peu près sur, si bien que l'on n'a plus besoin des installations thermiques correspondantes (donc non seulement substitution au combustible, mais aussi, dans une moindre mesure, substitution aux installations). Dommage qu'ils ne donnent pas plus de détails dans le document!
Je pense qu'il faux rédiger une réponse claire aux anti-éoliens sur ce point, puis qu'elle soit médiatisée.