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L'énergie éolienne en France et en Europe

05/2008, by Nicole Pezet

Eoliennes et coucher de soleil

Présentation

L’éolien a 3 atouts majeurs que le nucléaire ne peut lui disputer :
- une énergie inépuisable et propre
- pas de rejets de CO2, ni de déchets
- une totale réversibilité des turbines (enlèvement rapide des installations).

Au protocole de Kyoto, la France a décidé que les énergies renouvelables doivent représenter 21 % de sa ressource électrique globale en 2010.

C’est, sans doute, une perspective très optimiste qui ne sera pas tenue pour des raisons que nous avons évoqué auparavant. Nées de la marée, de la lumière du soleil, du vent ou de la Terre elle même, les énergies renouvelables ne s’éteindront qu’avec la mort de notre planète. Mais comme toute industrie, leur exploitation nécessite la mise en œuvre de technologies de transformation dans des bâtiments techniques.

Si nous tenons à conserver notre niveau de consommation électrique, il faut admettre dans notre paysage la présence de parcs éoliens, de centrales solaires, d’unités de production de biogaz. Comme nous avons admis il y a quelques décennies les centrales nucléaires, les milliers de pylônes électriques, les ouvrages d’art des autoroutes, les lignes de chemin de fer, les bâtiments des barrages hydrauliques, les bâtiments des centrales thermiques etc….

Il est vital pour la planète de développer des énergies non émettrices de GES : le pétrole étant exploitable sous 50 ans maximum. Il faut penser l’éolien comme une moyen et non un but. L’Allemagne, le Danemark, la Grande Bretagne qui sont dépendants de leurs centrales à charbon sont les premiers à avoir donné de l’essor à l’éolien.

La France, au contraire, est très en retard sur les implantations d’aérogénérateurs, en raison de l’énergie produite par les centrales nucléaires : notre pays dispose encore de 17 centrales thermiques, très polluantes et qui servent à produire le complément d’énergie nécessaire en cas de pic de forte consommation. Des aérogénérateurs pourraient largement remplacer ces centrales (cas de la centrale de Vazzio en Corse).

Des chiffres

En Europe, la puissance éolienne installée dépasse 30 000 MW, ce qui correspond à 12 réacteurs nucléaires non construits. En Allemagne, les parcs off shore vont remplacer, électriquement parlant, des centrales nucléaires implantées sur le littoral qui vont fermer.

Dans le monde, en 2005, la puissance éolienne installée est de 52 100 MW. En 2007, elle est de 91 000 MW.

Les 5 pays pionniers

- l’Allemagne : 17 500 MW
- l’Espagne : 9 200 MW
- les Etats Unis : 7 200 MW
- l’ Inde : 3 600 MW
- le Danemark : 3 100 MW

La France arrive au 15ème rang mondial des pays producteurs d’énergie éolienne. Au 31/03/2006 , 918.615 MW de puissance installée pour une production de 589.81 MW. Elle dispose d’un parc de 1049 aérogénérateurs (y compris les Dom-Tom).

Les besoins couverts

Un aérogénérateur de 1000 KW (ou 1 MW) couvre les besoins électriques, y compris les besoins en chauffage de 1000 personnes.

La puissance unitaire des aérogénérateurs a augmenté depuis les débuts de l’énergie éolienne :
- 1 éolienne en 1990 avait une puissance de 0.2 MW
- 1 éolienne en 1995 avait une puissance de 0.5 MW
- 1 éolienne en 2000 avait une puissance de 1 MW
- 1 éolienne en 2005 avait une puissance de 1.5 MW
- 1 éolienne en mer en 2007 a une puissance de 3 MW
- 1 éolienne en mer en 2010 aura une puissance de 10 MW
- 1 éolienne en mer en 2020 aura une puissance de 20 MW (machines de 160 m de diamètre).

Les contraintes de l'éolien

L’électricité ne peut être stockée et doit être utilisée immédiatement. A ce jour, tous les aérogénérateurs dont l’implantation est située en zone ZDE (Zone de Développement de l’Eolien) bénéficient du rachat d’ EDF (8.38 centimes d’euros le KW).

Le vent est variable et capricieux : les conditions de vent idéales sont réservées à quelques zones limitées (voir carte des vents de la France).

Pour pallier aux difficultés de stockage et de production, il est nécessaire de multiplier les éoliennes : par exemple, pour produire 1MW, il faut installer 4 MW. C’est à dire, implanter de nombreuses machines et relier les parcs éoliens entre eux : il s’agit du foisonnement.

L’éolien ne peut donc être qu’une énergie de complément qui peut faire partie d’un « mix énergétique ».

Fonctionnement d'une éolienne

Principe de base : utiliser la force du vent pour la transformer en énergie électrique.

Le vent est capturé pour créer l’énergie cinétique : c’est l’énergie par seconde de la masse d’air en mouvement ; le vent étant le résultat de différences de pressions atmosphériques. L’ingénieur allemand Albert Betz a montré en 1919 que le capteur théoriquement le meilleur ne pourrait emprunter que 59 % de la puissance cinétique du vent, c’est la loi ou la limite de Betz. Ce principe est toujours valable aujourd’hui (l’Ademe estime que seulement 30% de l’énergie du vent est utilisé par les éoliennes).

De ce fait l’énergie éolienne se calcule sur une période de 1 an. Un site éolien sera plus productif si la vitesse du vent est mieux répartie tout au long de l’année et non si des vents violents soufflent par intermittence. Lorsque le vent dépasse 90 km/h, l’éolienne est mise automatiquement à l’arrêt afin de ne pas endommager les pales (mises en drapeau).

Un aérogénérateur est composé de :

1) L’ hélice :

Elle transforme une partie de l’énergie du vent en couple mécanique (par axe horizontal). Elle est composée de pales portées par un moyeu. Le système tripales est le plus répandu. Chaque pale peut mesurer 30 m de long, sur les éoliennes les plus puissantes. L’axe de l’hélice peut avoir une certaine inclinaison (4 à 5 degrés) pour éloigner les pales du mât et compenser le gradient vertical de la vitesse du vent. Toutes les machines commercialisées ont un système de régulation de puissance fondé sur la mise en œuvre du calage variable, c’est à dire le calage des pales afin de réguler le rendement :
- soit mise en drapeau : réduction de l’angle d’incidence.
- soit par décrochage forcé : augmentation de l’angle d’incidence pour obtenir une puissance électrique régulée.

Exemple de vitesse de rotation de l’hélice du modèle E70 Enercon (parc de Fruges-France) : elle tourne de 6 tours/min pour un vent de 4 m/s à 21.5 tours/min pour un vent de 14 m/s.

2) La nacelle :

Eolienne Repower MM70Eolienne Repower MM70

Ensemble qui est soudé mécaniquement et qui porte l’hélice à une extrémité et abrite l’ensemble générateur. Le bruit généré par les éoliennes provient souvent de la nacelle. Les nouvelles générations d’éoliennes (modèle E70, E112 d’Enercon, modèle M5 de Repower ou V90 de Vestas) bénéficient d’un traitement anti bruit performant. L’orientation de l’hélice est motorisée : la nacelle est orientée dans l’axe du vent et y est maintenue par une boucle d’orientation motorisée. Une ou plusieurs girouettes situées sur le toit de la nacelle mesurent la direction moyenne du vent , un dispositif mécanique commande l’orientation. Les motoréducteurs sont équipés de freins pour immobiliser l’orientation de la nacelle entre deux séquences actives.

Nacelle de l'éolienne Vestas V90Nacelle de l'éolienne Vestas V90

3) L’ensemble générateur :

A l’intérieur de la nacelle, il transforme le couple mécanique en courant électrique. Il transforme l’énergie cinétique du vent disponible sur le moyeu tournant en énergie électrique grâce à un générateur électromécanique. Il adapte également le courant électrique fourni par le générateur aux normes du réseau (couplage direct et couplage indirect).

a) l’éolienne à couplage direct : un multiplicateur de vitesse est installé entre l’arbre de l’hélice et l’arbre du générateur (générateur asynchrone). Cette technologie oblige l’hélice à fonctionner à vitesse constante. Les multiplicateurs sont des pièces mécaniques très fragiles (cas du site de Tararua en Nouvelle Zélande où les multiplicateurs des 51 machises V47 de marque Vestas ont dû être remplacées au bout de 5 ans au lieu de 20). Un multiplicateur est une boîte de vitesse (gearbox).

b) l’éolienne à couplage indirect : sur ce type de machines, le moyeu de l’hélice est relié directement au rotor du générateur électromécanique, généralement un alternateur synchrone. Pour pouvoir assurer le couplage avec le réseau de distribution, il faut installer un convertisseur de fréquence (redresseur et onduleur) qui transforme le courant à fréquence et tension variables en un courant adapté à la fréquence et à la tension du réseau : on dit alors que le couplage est indirect. C’est le constructeur allemand Enercon qui le premier a introduit sur le marché ce type d’éolienne (modèle E33).

4) Le mat :

Il porte la nacelle, est en acier ou en béton. Sa hauteur doit être supérieure au rayon de l’hélice. Il est souvent de construction tubulaire et est réalisé en associant entre eux des éléments par boulonnage intérieur de brides. La hauteur du mat est égale au diamètre de l’hélice. Mais il y a des exceptions : sur des sites peu ventés, on peut construire des mâts très élevés : 2 fois plus haut que le diamètre de l’hélice afin d’aller chercher des vents significatifs. Par exemple, le mât de 65 m de haut de la V90 (marque Vestas) pèse 115 tonnes, celui de 105 m de haut pèse 275 tonnes. Sur le modèle V80, un des plus grand du monde, d’une hauteur de 100 m et d’une puissance installée de 2 MW, la nacelle est de la taille d’un bus.

Courbe de réponse de l'éolienne Vestas V90Courbe de réponse de l'éolienne Vestas V90

En résumé :

Le pilotage d’une éolienne est totalement autonome : son fonctionnement est géré par un système de contrôle à distance. Le moteur électrique commandé par une girouette permet d’orienter l’éolienne face au vent. La rotation des pales entraîne une génératrice qui produit du courant (comme une dynamo). Pour produire de l’énergie, une éolienne exige une vitesse de vent minimale de 4 m/s soit 14km/h. Quand le vent est trop violent (+ de 90 km/h), l’éolienne doit être arrêtée. Chaque éolienne est autonome, ce qui permet d’effectuer l’entretien de chaque machine sans arrêter totalement la production de l’ensemble.

Eolienne Repower 5MEolienne Repower 5M

Les parcs éoliens offshore

Le vent dissipe à la surface des mers une énergie estimée à 46 Gtep par an soit 535 000 TWh/an. En Europe, la ressource potentielle est de 1800TWh/an (estimation du World Energy Council). L’exploitation de l’énergie éolienne en mer présente des caractéristiques particulières : le vent est plus fort et plus constant qu’à terre ; la mer offre de grands espaces éloignés de tout voisinage. Cependant l’implantation est techniquement plus difficile qu’à terre : les éoliennes sont sollicitées par les vents forts et aussi par les pressions dues aux masses d’eau (vagues, courants marins). Les éoliennes doivent alors être fermement ancrées sur le fond marin. Elles sont donc implantées dans des zones de faibles profondeurs (les ancrages actuels sont impossibles à plus de 50 m de fond).

Les installations d’éoliennes off shore font appel aux techniques d’intervention navales. Pour effectuer les raccordements électriques au réseau, des câbles sous marins sont nécessaires jusqu’à la côte. La maintenance des éoliennes en mer est plus compliquée qu’à terre en raison des difficultés d’accès. Dans l’état actuel de la technologie, le rotor d’une éolienne off shore a un diamètre supérieur à 100 m. Les pales peuvent mesurer de 60 m de long. La puissance nominale est de 2 à 5 MW. Les éoliennes sont implantées dans 10 à 20 m d’eau. La durée de fonctionnent à pleine puissance est supérieure à 3 300 heures par an. Le coût de l’investissement varie de 1500 à 2500 €/kw au minimum.

Le site off shore de Thorntonbank (Belgique)

Il est situé sur le banc de sable de Thorntonbank, sur les côtes belges au large de Zeebrugge. 60 éoliennes Repower d’une capacité chacune de 5 MW seront installées d’ici 2010, soit 300 MW de puissance installée : le diamètre du rotor est de 126 m. Ce parc est situé à 30 km des côtes.

La production moyenne annuelle sera de 1000 GW, soit la consommation annuelle de 500 000 habitants. La production démarrera en septembre 2008. La société C.Power SA est chargée de la construction de ces 60 éoliennes ( EDF Energies Nouvelles détient 50 % du capital de C. Power). La construction en cours de ce parc off shore est délicate étant donné sa situation géographique stratégique : zone maritime à fort trafic, présence de conduites de gaz et de câbles de télécommunication dans le sous sol marin.

Le parc éolien de Horns Rev (Danemark)

Le parc éolien off shore de Horns Rev est situé en mer du Nord, à 20 km des côtes du Jutland. Il est composé de 80 éoliennes de 2 MW chacune (marque Vestas) : il a une puissance installée de 160 MW. Ce parc produit l’électricité de 150 000 foyers danois.

Grâce aux résultats probants de la production d’électricité de ce parc, le gouvernement danois a pu établir un plan de développement de l’éolien off shore pour les années à venir : il compte développer la puissance installée de 3100 MW à 4000 MW avant 2020 : Horns Rev 2 devrait être construit ainsi que 22 autres parcs.

Le Danemark dispose actuellement de 11 parcs éoliens off shore. Les 5200 éoliennes installées fournissent 20 % des besoins en électricité : ce chiffre devrait être porté à 50 % d’ici 2025. Parmi ces 5200 éoliennes implantées, 1000 environ feront l’objet d’un re- powering (elles seront remplacées par des modèles plus puissants. L’avenir éolien danois se joue donc dans les implantations off shore à venir. Il faut préciser que la création de parcs éoliens off shore au Danemark a évité la construction de nouvelles centrales thermiques, qui sont très polluantes.

En Europe, d’autres projets de construction de parcs éoliens off shore sont en cours. L’Angleterre (London Amay), projette la construction de 270 éoliennes qui seront situées dans l’estuaire de la Tamise à 15 km des côtes anglaises. Ce parc aura une puissance de 1000 MW (1GW) et alimentera ¼ des foyers londoniens en 2011.

L'éolien en France



Vents en FranceCarte des vents en France

Réglementation et implantation d’éoliennes

Pour implanter une éolienne sur le territoire français, plusieurs éléments sont pris en compte :
- couloirs migratoires des oiseaux
- proximité des zones d’habitation
- raccordement au réseau EDF
- servitudes radio électriques et aéronautiques
- direction des vents dominants
- obligations réglementaires : accord des communes, des préfets etc…

Certaines distances à respecter

- 400 m de distance doivent séparer les éoliennes entre elles et entre les bâtiments proches du site d’implantation.
- 8000 m2 d’emprise au sol sont nécessaires pour implanter des machines dont les pales mesurent 100 m de diamètre.

La construction de 10 aérogénérateurs nécessitent un emplacement de 10 hectares.

Au préalable, avant chaque construction de site éolien, une étude de prévision du vent est indispensable : cette tâche est réalisée par les bureaux de recherche et développement : ils posent des mats mesurant la puissance des vents. Les développeurs sont les bureaux d’études, les promoteurs ou les petits propriétaires de terrains. En France, 3 développeurs se partagent 80 % du marché : Edf Energies Nouvelles, Cie du vent, Eole Res.

Les opposants à l’éolien

L’implantation de sites éoliens nourrit des débats animés et crée des mouvements d’opposition. Le premier grief retenu contre l’éolien est la taille des aérogénérateurs qui « polluent le paysage ». Ils mesurent plus de 100 m de haut, les pales mesurant 50 m de long. Nous ne sommes pas encore habitués à la présence de ces machines géantes dans notre champ de vision. Peut être arrivons nous à saturation car en 50 ans, il a fallu intégrer dans les paysages français les pylônes électriques, les autoroutes, les raffineries, les relais GSM etc… Il est vrai que pour l’éolien, le rapport entre l’utilité démontrée de la machine et sa présence n’est pas encore acquis. Le ressenti « de nouveauté gênante » diminue dès que les riverains deviennent utilisateurs de ces nouvelles machines. Le deuxième grief retenu contre l’implantation d’éoliennes est le bruit généré par les pales et la nacelle. En ce domaine, des progrès sensibles ont été réalisés afin d’insonoriser la nacelle : les nouvelles générations d’aérogénérateurs sont presque silencieuses (nouvelle Enercon : E70 à Fruges). Des fédérations telles « Vent de Colère » militent sur le territoire via des associations locales et s’opposent quasi systématiquement aux nouvelles implantations d’éoliennes. Leur récente lutte en cours, dans le nord de l’Aveyron, s’oppose à l’implantation de 30 turbines. Ces associations actives déposent des plaintes auprès du Procureur de la République, médiatisent les implantations futures auprès des populations locales. Parfois les arguments anti éoliens invoqués ne sont pas toujours pertinents : par exemple, ils affirment que les éoliennes, du fait de leur intermittence perturbent le réseau, menacent la sécurité des riverains, tuent les oiseaux migrateurs. En ce qui concerne la mortalité des oiseaux dans le massif central, la CPO n’a pas recensé de cas de mortalité supplémentaire (période : été 2007).

Une manne de revenus supplémentaires pour les communes

Les éoliennes sont néanmoins un moteur de développement économique car elles rapportent des subsides non négligeables aux communes par le biais de la taxe professionnelle (environ 200 000 euros pour la commune d’Ally, par exemple). Quant aux propriétaires fonciers, ils touchent des loyers pour les éoliennes implantées sur leurs terres : de 2000 à 3000 euros par an et par éolienne implantée. De plus, EDF rachète la totalité de l’électricité produite à 8.38 centimes d’euros le kilowat. C’est ainsi que des grands groupes industriels tels Areva, Total et également EDF Energies Nouvelles se sont lancés sur ce marché porteur.

Le coût de la construction d’éoliennes reste élevé : 1.5 millions d’euros par éolienne (53 millions d’euros pour construire le parc d’Ally – Haute Loire). Le retour sur investissements s’opère au bout de 7 à 8 ans. Dans les communes rurales, la perspective d’implantations d’éoliennes est souvent vécue comme une bouffé d’oxygène, car finalement, quelle industrie viendrait investir autant d’argent, rapporter aux propriétaires fonciers et aux communes autant de revenus ?

Une industrie en plein essor

Le secteur de l’éolien est une véritable industrie, composé de multinationales et de PME : c’est un secteur d’activité de très haute technologie. Le secteur éolien emploie actuellement 100 000 personnes environ, en Europe (dont 4800 en Allemagne).

Une société comme Edf Energies Nouvelles a une dimension internationale : elle rachète des exploitants en Europe du Nord, aux Etats Unis, au Brésil. Son chiffre d’affaires est de 240 millions d’euros en 2004.

Autre exemple, en 2007 , le constructeur indien Suzlon, a racheté 21 % du capital du fabricant allemand Repower qui est spécialisé dans la construction d’éoliennes off shore. Neuf constructeurs se partagent 95 % du marché mondial de l’éolien.

La production d’électricité d’origine éolienne est en forte croissance : + 25 % en 2006, soit une capacité totale installée de 74 300 MW. Pour 2007, nous approchons les 90 000 MW de puissance installée. En 2015, cette production devrait atteindre 450 000 MW.

La puissance potentielle de l’énergie éolienne terrestre (et non maritime), calculée par les scientifiques est de 12 TW dont 12 GW pour la France. La productivité moyenne mondiale est estimée à 100 000 TWh par an dont 100 TWh pour la France. Il faut rappeler que la production nucléaire pour la France a été de 428 TWh pour l’année 2006.

En théorie, afin d’arriver en France à une puissance éolienne installée de 12 000 MW, il faudrait installer au minimum 12 000 aérogénérateurs sur tout le territoire français : ceci étant impossible étant donné le maillage démographique de la population, il faut envisager également la construction de parcs off shore. Pour rappel, à la fin 2006, la France comptabilisait un parc de 1049 aérogénérateurs pour une puissance installée de 919 MW et une production de 600 MW environ.

En Europe, la ressource potentielle du vent sur la mer est de 1 800 TWh par an (estimation du World energy council). Au vu de ces chiffres, le développement de l’éolien en France devra automatiquement passer par la création de parcs off shore, aux abords des côtes atlantiques, là où les vents sont significatifs : au large des côtes de la manche, des côtes bretonnes, par exemple.

Les constructeurs



VESTAS

Est le numéro 1 mondial. Vestas a été créée en 1976 au Danemark. Jusqu’à la fin 2007, 33 500 éoliennes ont été construites pour une puissance installée de 23 929 MW, dans 63 pays. Sa part de marché mondial est de 28 %. Sa gamme d’éoliennes part de 0.85 MW à 3 MW. Vestas emploie 13 825 salariés. Son dernier modèle fabriqué est la V90 : une éolienne off shore d’une capacité de 3MW .

GE WIND ENERGY

Est une division du géant américain General Electric.

Sa part mondiale de marché est de 16%. GE a installé 7 500 éoliennes dans le monde pour une capacité installée de 9 800 MW. Sa gamme d’éoliennes part de 105 MW à 3.6 MW. Elle alimente principalement le marché américain.

GAMESA

Cette entreprise a été créée en 1976, en Espagne. Sa part de marché mondial est de 16%. 8 000 éoliennes ont été installées pour une capacité de 10 000 MW. Sa gamme part de 0.85 MW à 2 MW. Elle alimente principalement le marché de la péninsule Ibérique.

ENERCON

A été créée en 1984 en Allemagne. Enercon est toujours à la pointe du progrès. Elle a conçu les premières éoliennes sans multiplicateur dès 1991 et en 2006 a mis au point l’éolienne la plus puissante du monde qui a une capacité de 6 MW : la E 112.

Sa part de marché international est de 15%. 11 006 éoliennes ont été installées jusqu’en 2007 pour une puissance installée de 11 703 MW.

Sa gamme de turbines part de 0.33 MW à 6 MW. Enercon emploie 8 000 personnes.

SUZLON

L’histoire de Suzlon est singulière : en 1995, Mr Tanti, en Inde, dirige une entreprise de textile. Il veut se prémunir des coupures de courant et met en place des éoliennes pour alimenter ses usines. A ce jour, Suzlon est n°5 mondial et emploie 12 000 personnes.

Sa part de marché est de 8%. 6 000 éoliennes ont été installées jusqu’à fin 2007 pour une capacité installée de 5 554 MW. Sa gamme d’éoliennes part de 0.35 MW à 2.1 MW.

SIEMENS

Est une division de l’entreprise allemande Siemens. La première ferme d’éoliennes off shore (vindeby au Danemark) fut mise en service par Siemens. Sa part de marché mondial est de 7%. A la fin 2007, 6 393 éoliennes ont été installées pour une puissance de 5 678 MW.

Sa gamme d’éoliennes part de 0.6 MW à 1.5 MW.

GOLDWIND

Est une entreprise chinoise de haute technologie et de service. Ses principales activités sont la construction, la mise en service et l’exploitation de fermes éoliennes. C’est en 1998 que les premiers champs d’éoliennes Goldwind à Xingjiang, Guanshu, hebei et Dalian furent mis en production.

La devise de Goldwind est : « rendre à l’homme un ciel bleu et des nuages blancs en préservant les ressources . »

Sa part de marché mondial est de 3%. A la fin 2007, 2 000 éoliennes ont été installées pour une puissance de 1 500MW. Sa gamme d’éoliennes part de 0.6 MW à 1.5 MW.

NORDEX

En 1985, Nordex a été créée au Danemark par Casten Pedersen. C’est maintenant une société allemande.

En 1995, Nordex fut le premier constructeur à atteindre le mégawat, en 2000, il fut le premier à atteindre le 2.5 MW. Sa part de marché mondial est de 3%. A la fin 2007, 3 100 éoliennes sont installées pour une puissance de 3 530 MW. Sa gamme d’éoliennes part de 1.3 MW à 2.5 MW.

REPOWER

C’est une société allemande. Sa part sur le marché mondial est de 3%. A la fin 2007, 1 300 éoliennes sont installées. Repower est connu pour la fabrication d’éoliennes spécialement conçues pour l’off shore : le modèle 5M.

Sources bibliographiques



Livres

« Quand le vent nous éclaire » de Ph. Ollivier
« Energies alternatives » Omniscience, J Bonal et P Rossetti
« Le compteur de carbonne » de M Lynas et C Michaut

Sites internet

Site EDF
Site de l’ADEME
Site The Wind Power
Site Energies Renouvelables
Site de la Nasa
Site des différents constructeurs d’éoliennes

Eolienne Enercon E70Eolienne Enercon E70

Fruges : le plus grand parc éolien de France

A la fin de l’année 2008, 70 éoliennes d’une puissance de 2 MW chacune (soit 140 mégawatts) de modèle Enercon E70 seront construites à Fruges, en picardie. Ce parc, où, environ 40 éoliennes ont déjà été construites, a été inauguré le samedi 16 février 2008.

En fait, le parc de Fruges est composé de 16 fermes éoliennes dispersées dans les villages avoisinants. Le maire de Fruges, Jean-jacques Hilmoine a défendu depuis 2000 ce projet bec et ongles.

Le marché pour la construction de ces aérogénérateurs a été confié à la société allemande Ostwind. L’investissement total est de 210 millions d’euros. La production en énergie équivaudra à la consommation de 150 000 habitants. Le canton de Fruges, qui compte 7 000 habitants, pourra exporter aussi son électricité. La communauté de communes sur laquelle sont installées les éoliennes va pouvoir également financer des nouveaux projets économiques : zone d’activités, maison de la petite enfance etc…

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